Il n’existe pas de nombre universellement reconnu de types d’intelligence. La liste bien connue des huit intelligences vient de la théorie des intelligences multiples de Howard Gardner. L’intelligence existentielle est parfois présentée comme une neuvième forme, mais Gardner la considérait comme une proposition plus hypothétique.

D’autres cadres organisent l’intelligence différemment. Les modèles psychométriques étudient l’intelligence générale et les grandes aptitudes cognitives. Sternberg distingue les dimensions analytique, créative et pratique, tandis que les modèles d’intelligence émotionnelle portent sur les capacités ou les compétences liées aux émotions. Ces cadres répondent à des questions différentes : leurs catégories ne peuvent donc pas être réunies en une seule liste définitive.

Quatre grands cadres pour décrire l’intelligence

Le terme « intelligence » peut désigner les performances dans différentes tâches cognitives, un large éventail de capacités humaines, des façons d’aborder les problèmes ou des aptitudes liées aux émotions. Avant de compter les catégories, mieux vaut savoir quel sens un auteur donne à ce mot.

Cadre Objet principal Évaluation habituelle Ce qu’il ne permet pas d’établir
Intelligences multiples de Gardner Capacités variées, notamment linguistiques, spatiales, musicales et interpersonnelles Observations et profils fondés sur différentes activités L’existence de huit facultés cognitives indépendantes
Intelligence générale et grandes aptitudes psychométriques Intelligence générale et grandes aptitudes telles que le raisonnement, la mémoire et la vitesse de traitement Tâches de performance standardisées L’ensemble des talents ou des formes d’expertise
Théorie de Sternberg Aspects analytiques, créatifs et pratiques de la résolution de problèmes Tâches structurées et problèmes en contexte Des catégories auxquelles les personnes appartiendraient définitivement
Intelligence émotionnelle Capacités liées aux émotions ou compétences perçues Tâches de performance ou questionnaires d’autoévaluation Une aptitude démontrée à partir d’une seule autoévaluation

Ces cadres diffèrent aussi par la solidité des données qui les étayent. Les intelligences proposées par Gardner ne sont pas établies comme des facultés cognitives indépendantes. Sa théorie offre une conception large des capacités humaines, notamment dans le domaine éducatif. Les modèles psychométriques, eux, organisent les aptitudes à partir des relations mesurées entre les performances dans différentes tâches cognitives.

Un enseignant pourrait ainsi s’appuyer sur le cadre de Gardner pour parler des compétences narratives et motrices d’un élève. Un psychologue qui étudie le raisonnement et la mémoire utiliserait des tâches conçues pour mesurer ces aptitudes. Les objectifs sont différents : il ne s’agit pas de démarches interchangeables menant au même résultat.

Avant d’interpréter un profil, il faut tenir compte de l’éducation, de la pratique, de la langue, de la culture, de la fatigue, de la motivation et de la familiarité avec la tâche. Aucun de ces cadres ne rend pleinement compte du potentiel d’une personne, et aucun ne mesure sa valeur.

Les huit intelligences de Gardner et la neuvième envisagée

La théorie des intelligences multiples de Howard Gardner remet en question l’idée selon laquelle les performances scolaires classiques reflètent toutes les capacités humaines qui comptent. Ses catégories donnent des mots pour parler de différentes activités, mais elles ne constituent pas huit systèmes mentaux indépendants scientifiquement établis.

Les huit intelligences couramment citées

  • Intelligence linguistique : utiliser efficacement la langue parlée ou écrite. Cela peut consister à expliquer clairement une règle complexe ou à remarquer comment le changement d’un seul mot modifie le sens d’un message.
  • Intelligence logico-mathématique : repérer des régularités et raisonner sur des relations. Une personne pourrait, par exemple, comparer les causes possibles d’une erreur budgétaire et les éliminer méthodiquement.
  • Intelligence visuo-spatiale : se représenter mentalement des formes, des positions et des relations dans l’espace. Il peut s’agir d’imaginer la disposition des meubles dans une pièce ou l’apparence d’un objet une fois déplié.
  • Intelligence musicale : reconnaître et utiliser le rythme, la hauteur des sons, la mélodie et la structure musicale. Cela peut consister à repérer une erreur de rythme ou à composer une phrase musicale.
  • Intelligence corporelle-kinesthésique : coordonner ses mouvements pour accomplir une tâche. Une danseuse qui ajuste son équilibre et un artisan qui maîtrise un geste précis de la main en donnent deux exemples différents.
  • Intelligence interpersonnelle : reconnaître les points de vue, les intentions, les émotions et les signaux sociaux d’autrui. Dans une discussion, cela peut consister à remarquer qu’un accord apparent traduit en réalité une réticence à exprimer une objection.
  • Intelligence intrapersonnelle : reconnaître ses propres motivations, réactions émotionnelles habituelles et ressentis. Une personne pourrait ainsi distinguer son envie d’obtenir une promotion pour l’intérêt du poste de son désir de recevoir l’approbation des autres.
  • Intelligence naturaliste : reconnaître et classer les éléments du milieu naturel, et y repérer des régularités. Cela peut consister à distinguer des plantes similaires ou à remarquer l’évolution du comportement d’un animal au fil des saisons.

L’intelligence existentielle, proposée comme catégorie supplémentaire, concerne les grandes questions relatives à l’existence, au sens et à la vie humaine. Son statut est plus hypothétique que celui des huit catégories habituellement citées.

Pourquoi un exemple du quotidien ne suffit pas à établir un type d’intelligence

Une personne peut se déplacer avec aisance dans une ville familière grâce à des repères appris, tout en ayant des difficultés dans une tâche inhabituelle de rotation mentale. Une autre peut résoudre rapidement des casse-têtes spatiaux, mais se perdre parce qu’elle a prêté peu d’attention à l’itinéraire.

Ces deux situations font intervenir des informations spatiales, mais elles mobilisent des combinaisons différentes de connaissances, d’attention, de pratique et d’aptitudes. Une expertise acquise dans un contexte ne suffit pas à démontrer un niveau de performance élevé dans l’ensemble d’un domaine.

De même, aimer la musique ne démontre pas à lui seul une aptitude musicale, et ne pas aimer les mathématiques ne prouve pas que l’on a des capacités de raisonnement limitées. Les centres d’intérêt peuvent orienter l’exploration sans devenir des étiquettes d’intelligence figées.

Les intelligences interpersonnelle et intrapersonnelle sont souvent mal comprises

Ces deux catégories de Gardner portent sur des objets de compréhension différents : les autres et soi-même. Ni l’une ni l’autre ne se résume à la confiance en soi.

L’intelligence interpersonnelle n’est pas l’extraversion

Un collègue discret peut percevoir une tension pendant une réunion, comprendre qu’une question trop directe risque de braquer son interlocuteur et adapter sa formulation. Un collègue très bavard peut, à l’inverse, ne pas remarquer les signes répétés de malaise chez les autres. Reconnaître les signaux émotionnels et prendre en compte le point de vue d’autrui relève aussi de l’empathie. Le Test d’empathie de Testfy peut vous aider à réfléchir à la façon dont vous comprenez le vécu des autres et y réagissez, sans supposer qu’une personne sociable est automatiquement plus empathique.

La distinction se situe entre rechercher les interactions sociales et interpréter les informations sociales. Apprécier les conversations ne garantit pas que l’on comprenne les autres avec justesse. Préférer des échanges moins nombreux n’empêche pas de bien les comprendre.

Le contexte compte également. Une personne qui comprend bien ses amis proches peut mal interpréter des collègues issus d’un autre milieu culturel. Même une interprétation plausible mérite d’être vérifiée : « Tu avais l’air hésitant. Est-ce qu’il y a un problème dont nous n’avons pas parlé ? »

L’intelligence intrapersonnelle n’exige pas une confiance en soi constante

Une personne peut reconnaître avec justesse : « Les critiques me mettent sur la défensive parce que je les prends pour un rejet », tout en doutant de ses capacités. Une autre peut avoir une grande confiance en elle, mais peiner à expliquer pourquoi elle réagit avec colère aux remarques qu’on lui fait.

La connaissance de soi et l’estime de soi sont deux notions distinctes. La première concerne la compréhension de son propre fonctionnement, tandis que la seconde porte sur le regard plus ou moins positif qu’une personne pose sur elle-même.

Reconnaître une réaction habituelle ne signifie pas non plus savoir la maîtriser. Comprendre pourquoi vous interrompez les autres pendant un désaccord ne veut pas dire que vous pouvez immédiatement cesser de le faire. Cette prise de conscience peut vous aider à choisir une action utile, comme marquer une pause avant de répondre, sans prouver que vous savez déjà la mettre en pratique.

Les modèles psychométriques étudient l’intelligence générale et les grandes aptitudes cognitives

Les approches psychométriques étudient les régularités observées dans les performances cognitives mesurées. Plutôt que de chercher à classer une personne dans une catégorie d’intelligence, elles examinent la manière dont ses performances varient selon les tâches et les relations entre ces performances.

L’intelligence générale et le facteur g

L’intelligence générale, souvent appelée facteur g, correspond à la part de variation commune aux performances dans différentes tâches cognitives. Ces performances tendent à être positivement liées : réussir une tâche est associé, en moyenne, à de meilleurs résultats dans d’autres.

Il s’agit d’une régularité statistique, et non d’une affirmation selon laquelle chaque personne obtiendrait des résultats identiques dans tous les domaines. Une personne peut trouver le raisonnement verbal plus facile que le traitement rapide de symboles visuels inconnus, tout en mobilisant certaines aptitudes communes aux deux tâches.

Le facteur g ne désigne pas non plus un mécanisme biologique simple qui expliquerait entièrement l’intelligence.

Les grandes aptitudes du modèle de Cattell-Horn-Carroll

Le modèle de Cattell-Horn-Carroll, souvent abrégé en CHC, est un modèle de référence qui organise les aptitudes cognitives, des plus générales aux plus spécifiques. Il est habituellement présenté sous une forme hiérarchique, avec l’aptitude générale au-dessus des grandes aptitudes. Les théories dont il est issu diffèrent toutefois quant au rôle d’un facteur général unique.

Parmi les grandes aptitudes couramment décrites dans ce modèle figurent :

  • Raisonnement fluide : comprendre des relations ou résoudre des problèmes inhabituels.
  • Connaissances cristallisées : utiliser le vocabulaire, les concepts et les informations acquis au fil du temps.
  • Mémoire de travail : garder des informations à l’esprit tout en les utilisant ou en les réorganisant.
  • Vitesse de traitement : accomplir efficacement des opérations cognitives relativement simples.
  • Traitement visuel : analyser et manipuler des informations visuelles ou spatiales.
  • Traitement auditif : reconnaître et analyser des régularités sonores.

Prenons l’exemple d’une personne qui débute dans un métier et d’un collègue expérimenté. La première peut rapidement déduire une règle dans une énigme inconnue. Le second peut résoudre plus vite un problème professionnel parce qu’il reconnaît une situation rencontrée au cours de nombreuses années de pratique. Le raisonnement face à la nouveauté et les connaissances accumulées contribuent différemment à la performance.

Cela explique aussi pourquoi un score de QI ou un profil cognitif ne peut pas rendre compte de toutes les formes utiles d’expertise. L’éducation, la langue, le handicap, l’accessibilité de l’évaluation et les possibilités d’apprentissage peuvent influencer les performances observées. Une interprétation rigoureuse tient compte de ces circonstances au lieu de considérer le score indépendamment de son contexte.

La théorie de Sternberg distingue l’intelligence analytique, créative et pratique

La théorie de Robert Sternberg distingue les aspects analytiques, créatifs et pratiques de l’activité intelligente. Ils correspondent à différentes exigences de la résolution de problèmes, et non à trois catégories auxquelles les personnes appartiendraient définitivement.

Imaginons une équipe qui cherche à réduire les délais d’attente des clients :

  • L’intelligence analytique consiste à comparer des données, à repérer les points de blocage et à évaluer les explications proposées. Elle est particulièrement pertinente lorsque le problème et les critères sont relativement bien définis.
  • L’intelligence créative consiste à élaborer une nouvelle approche lorsque les solutions habituelles ne suffisent pas. L’équipe pourrait repenser l’organisation des rendez-vous au lieu de simplement multiplier les rappels.
  • L’intelligence pratique consiste à adapter une idée aux contraintes réelles. Il faut alors tenir compte des effectifs disponibles, des attentes des clients, des outils accessibles et de la capacité des collègues à utiliser concrètement le nouveau système.

Une personne qui excelle dans la résolution d’une énigme bien définie ne saura pas nécessairement gérer d’emblée des exigences professionnelles contradictoires. À l’inverse, un responsable expérimenté peut résoudre efficacement un problème complexe de gestion d’équipe sans être particulièrement rapide face à des casse-têtes abstraits.

Ce cadre attire l’attention sur ces différences. Il n’établit pas qu’une personne est définitivement « pratique plutôt qu’analytique », et ses catégories ne doivent pas être ajoutées à la liste de Gardner comme si les deux théories utilisaient les mêmes définitions. L’expérience et la familiarité avec une situation peuvent modifier les difficultés que l’on gère le plus facilement.

L’intelligence émotionnelle recouvre différentes définitions et méthodes de mesure

L’intelligence émotionnelle concerne des capacités ou des compétences liées aux émotions : les repérer, les comprendre, les réguler, les exprimer et les utiliser. Les chercheurs ne s’accordent toutefois pas sur une définition ou une méthode de mesure unique.

La distinction essentielle est celle qui sépare la performance démontrée de la compétence autoévaluée.

Les évaluations des aptitudes cognitives comportent généralement des tâches dont les réponses peuvent être jugées plus ou moins exactes. Certaines approches de l’intelligence émotionnelle utilisent également des tâches de performance, même si le contexte peut rendre plus difficile la détermination de la réponse émotionnelle la plus appropriée.

D’autres approches demandent aux personnes de s’évaluer elles-mêmes : « Je remarque quand quelqu’un est contrarié » ou « Je sais exprimer clairement ma frustration ». Ces réponses décrivent des habitudes et des aptitudes perçues, sans démontrer directement les compétences en question.

Une personne peut, par exemple, déclarer qu’elle comprend très bien les autres, tout en prenant régulièrement la concentration silencieuse d’un collègue pour de l’agacement. Une autre peut sous-estimer ses capacités de communication parce qu’une dispute récente lui revient plus facilement en mémoire que de nombreuses conversations constructives.

Les limites de la connaissance de soi comptent particulièrement ici : il arrive qu’une personne ne maîtrise pas suffisamment une compétence pour évaluer avec justesse ses propres performances dans ce domaine.

Si vous souhaitez explorer la façon dont vous percevez vos habitudes face aux émotions, le Test d’intelligence émotionnelle de Testfy propose un profil d’autoévaluation en cinq dimensions : la perception, la régulation, la compréhension des autres, l’expression et l’utilisation des émotions. Il s’agit d’un outil de réflexion, pas d’un score de QI ni d’une démonstration objective d’aptitude.

Pour aller plus loin, vous pouvez confronter une appréciation générale à un événement précis. L’affirmation « Je régule bien ma frustration » devient plus informative lorsque vous pouvez décrire ce que vous avez fait face au retard d’un projet ou pendant une conversation difficile. L’intelligence émotionnelle ne doit pas être considérée comme un substitut au QI ni comme une garantie de leadership ou de réussite professionnelle.

Ce que les étiquettes d’intelligence et les résultats de tests ne peuvent pas révéler

Considérez tout profil d’intelligence comme une description liée à un cadre, à une tâche et à un contexte, et non comme un portrait complet de la personne.

Plusieurs notions proches méritent d’être distinguées :

Notion Ce qu’elle décrit Exemple quotidien
Aptitude Capacité qui intervient dans l’apprentissage ou la performance Percevoir rapidement des différences entre des sons inconnus
Compétence Maîtrise développée par la pratique Réaliser un montage audio soigné
Connaissances Informations et compréhension acquises Connaître la théorie musicale
Personnalité Tendances et préférences caractéristiques Préférer un travail calme et autonome

Le talent est un terme plus général qui désigne une capacité ou une réalisation remarquable. La créativité consiste à produire des idées nouvelles et utiles dans un contexte donné. La maturité émotionnelle concerne la manière habituelle de juger les situations et de se comporter. Ces éléments peuvent être liés aux aptitudes cognitives, mais ils ne se confondent pas avec elles.

Un musicien expérimenté peut reconnaître rapidement des suites d’accords familières tout en ayant des difficultés dans une tâche de raisonnement sans rapport avec la musique. Ce contraste n’invalide aucune des deux performances. Il montre pourquoi une compétence précise ne doit pas conduire à un jugement global sur la personne.

Les intelligences multiples ne sont pas des styles d’apprentissage

La théorie de Gardner est souvent confondue avec l’idée selon laquelle chaque élève devrait recevoir un enseignement exclusivement adapté à sa modalité d’apprentissage préférée : visuelle, auditive ou kinesthésique. Il s’agit pourtant d’affirmations différentes.

La revue des recherches menée par Pashler et ses collègues n’a pas trouvé de preuves suffisantes pour justifier l’adaptation de l’enseignement à ces supposés styles d’apprentissage.

Des activités variées peuvent néanmoins être utiles. Un schéma peut clarifier une notion de géométrie, la pratique orale peut favoriser la prononciation et la répétition d’un geste peut aider à apprendre un mouvement. Le choix doit correspondre au contenu et à l’objectif pédagogique, et non à une étiquette fixe attribuée à l’élève.

Un score n’est pas un diagnostic

Un score unique ne permet pas de diagnostiquer un trouble de l’apprentissage, un trouble du développement ou un problème de santé mentale. Une évaluation menée par un professionnel qualifié peut prendre en compte l’histoire de la personne, des observations, plusieurs mesures et son fonctionnement au quotidien.

Un résultat inhabituellement faible après une mauvaise nuit de sommeil ne soulève pas non plus les mêmes questions qu’une difficulté persistante dans plusieurs contextes. Dans les deux cas, il faut examiner les circonstances avant d’interpréter le résultat.

Choisissez le cadre qui correspond à votre question

Choisissez un cadre en fonction de ce que vous souhaitez comprendre, plutôt que de chercher à définir votre intelligence par une catégorie dominante.

  1. Est-ce que je souhaite comprendre mes performances dans des tâches de raisonnement, de mémoire ou de traitement de l’information ? Tournez-vous vers les modèles psychométriques des aptitudes cognitives et vers des évaluations réalisées dans des conditions adaptées. Effectuer une tâche de mémoire apporte des informations différentes du simple fait d’affirmer que l’on a « une bonne mémoire ».

  2. Est-ce que je souhaite explorer mes capacités à travers différentes activités d’apprentissage ? Le cadre de Gardner peut fournir des pistes de réflexion. Comparez ce que vous observez dans des activités d’écriture, de musique, de mouvement ou de découverte de la nature, sans supposer que ces observations prouvent l’existence de facultés distinctes.

  3. Est-ce que je souhaite comprendre ma façon d’aborder des problèmes bien définis, nouveaux ou concrets et familiers ? Les distinctions de Sternberg peuvent être utiles. Comparez la façon dont vous évaluez une solution connue, en inventez une nouvelle et mettez chacune en œuvre en tenant compte des contraintes pratiques.

  4. Est-ce que je souhaite examiner mes habitudes et mes compétences face aux émotions ? Utilisez un cadre d’intelligence émotionnelle, en distinguant l’autoévaluation de l’aptitude démontrée. Penser que vous savez écouter et comprendre effectivement quelqu’un pendant un désaccord n’apportent pas le même type d’information.

Ramenez ensuite la description obtenue à des comportements observables. L’affirmation « Je possède une intelligence pratique » est difficile à évaluer. « J’ai remarqué que le plan reposait sur du personnel indisponible et j’ai proposé une solution réalisable » permet d’identifier une contribution précise.

Recherchez des exemples répétés dans différents contextes, mais aussi des contre-exemples. Une facilité qui apparaît uniquement dans un loisir familier peut refléter une expérience spécialisée plutôt qu’une aptitude qui se retrouve dans de nombreuses autres situations.

Questions fréquentes sur les types d’intelligence

Pourquoi certaines sources répertorient-elles huit, neuf, douze intelligences ou davantage ?

Ces différences de nombre reflètent généralement des différences de définition. Le chiffre huit renvoie le plus souvent à la liste habituellement retenue dans la théorie de Gardner. Le chiffre neuf inclut en général l’intelligence existentielle, sa proposition plus hypothétique concernant les questions de sens et d’existence.

Les listes plus longues peuvent réunir plusieurs théories distinctes, inclure des ajouts spéculatifs ou employer le terme « intelligence » au sens large pour désigner une compétence ou un talent. Un article présentant douze catégories n’est donc pas nécessairement une version plus complète d’un modèle à huit catégories.

Vérifiez si la source précise le cadre utilisé et explique comment ses catégories ont été définies.

L’intelligence peut-elle évoluer ?

Les connaissances et les compétences acquises par la pratique peuvent se développer. Les performances mesurées peuvent aussi varier selon l’éducation, la santé, le contexte et les possibilités d’apprentissage. Les aptitudes cognitives ne suivent pas toutes la même évolution et ne sont pas toutes sensibles à l’expérience de la même manière.

Progresser dans une tâche que l’on pratique ne démontre pas automatiquement une hausse générale de l’intelligence. Devenir plus rapide dans un casse-tête familier peut, par exemple, refléter l’apprentissage d’une stratégie propre à ce jeu plutôt qu’une amélioration dans des tâches sans rapport.

Tout le monde possède-t-il chaque type d’intelligence ?

Dans le cadre de Gardner, les catégories décrivent des capacités susceptibles de s’exprimer selon différentes combinaisons. Elles ne doivent pas être interprétées comme des quantités indépendantes scientifiquement prouvées, que chacun posséderait à des niveaux fixes.

Les occasions d’apprendre comptent également. Une personne qui n’a jamais appris à jouer d’un instrument a eu moins de possibilités de démontrer des compétences musicales qu’une personne ayant suivi des années de cours. Cette différence ne permet pas de déterminer son potentiel d’apprentissage.

Les intelligences multiples sont-elles scientifiquement prouvées ?

La théorie de Gardner a influencé l’éducation et élargi la réflexion sur les capacités humaines que l’on valorise. Toutefois, l’idée selon laquelle les intelligences qu’elle propose seraient des facultés cognitives indépendantes ne bénéficie pas du même niveau de preuve que les modèles psychométriques décrivant des aptitudes liées entre elles.

L’étude empirique de Visser, Ashton et Vernon a, par exemple, mis en évidence une contribution commune importante de l’aptitude générale dans des mesures censées représenter plusieurs domaines de Gardner. Ce résultat remet en question l’affirmation selon laquelle ces catégories fonctionneraient indépendamment les unes des autres.

Cela ne signifie pas que les accomplissements musicaux, physiques ou interpersonnels sont sans importance. Reconnaître leur valeur et déterminer s’ils correspondent à des intelligences distinctes sont deux questions différentes.

Une personne peut-elle avoir des points forts dans plusieurs domaines ?

Oui. Une personne peut rédiger des explications claires, jouer habilement d’un instrument et raisonner efficacement sur des problèmes techniques. Ces aptitudes peuvent coexister sans qu’il soit nécessaire de choisir une étiquette dominante.

Pour aller plus loin, posez une question précise : quelle part revient aux connaissances, à la pratique, au raisonnement ou à la familiarité avec la tâche, et quelles capacités restent efficaces lorsque la situation change ? Cette approche donne un portrait plus instructif que le choix d’un seul type d’intelligence.